-
Tout a commencé, matériellement, en
1965, mais son intérêt pour les trains était, à
coup sûr,
-
latent depuis sa plus tendre enfance...
Vous aurez compris que la passion que je vais tenter de vous décrire
n’est pas la mienne
mais je la vis, cependant, quotidiennement, depuis
plus de 35 ans et je la connais bien !
Revenons en 1965 : Nous venions de nous
marier et nous attendions notre premier enfant. Un jour,
à l’occasion d’emplettes dans une grande
surface, nous nous sommes trouvés au rayon” layette “et
celui-ci jouxtait le rayon” jouets”...Alors,
nous avons acheté le premier train pour le futur
bébé...C’était une petite
loco mécanique que l’on remontait avec une clef et qui tournait
en rond sur
ses rails, sur la table de la cuisine, bien avant
la naissance du bébé.Il est dommage que nous ne
l’ayons pas conservée, car ce serait intéressant
de voir, par comparaison avec le réseau actuel
jusqu’où la passion et le temps peuvent
nous conduire.
En 1965, il avait 21 ans. Il était chef-cuisiner et n’avait aucune
connaissance en électricité et
encore moins en électronique...Il n’était
même pas bricoleur. Sa formation l’avait amené à manier
les couteaux et autres ustensiles culinaires,
en aucun cas les autres outils. Mais il avait une très
grande qualité : la ténacité
!...A ses débuts, je l’ai vu, bouche bée, devant des revues
qu’il n’arrivait
pas à décoder,(abonné à
Loco-revue depuis Mars 1964!), rêvant de fabriquer un jour le merveilleux
réseau qu’il avait dans la tête.
Nous vivions, à l’époque, dans un petit appartement qui comportait
une grande pièce servant de débarras...
Il récupéra quelques planches qu’il
assembla tant bien que mal et il installa dans ce débarras son
premier réseau. La pièce n’était
ni chauffée, ni agréable, mais il y fit ses premières
armes en
apprivoisant les outils, en achetant, dans la
mesure de nos petits moyens, du matériel roulant, des
décors, de la peinture, du matériel
électrique... en se documentant par l’intermédiaire des revues
spécialisées ou auprès de
professionnels de l’électricité...Il passait dans cette pièce
toutes ses heures
de repos et faisait de rapides progrès.
Nous avions maintenant deux garçons, mais il était rare de
les
voir s’approcher du train. Je pense qu’ils n’étaient
pas assez intéressés pour être admis dans le
domaine de leur père et ils comprirent
vite que “le Train de Papa” n’était pas un jouet...
En 1971, nous avons décidé de faire construire notre maison.
Et je compris vite que nous
avions des visions parallèles et différentes
de notre future demeure: là où je voyais “buanderie, salle
de jeux, bureau”, il voyait uniquement “emplacement
du réseau”. Sa ténacité l’emporta et notre
sous-sol comporta un grand espace sans cloison
destiné à ma rivale : la ferroviphilie!
J'avais, cependant, négocié
un emplacement pour la voiture et une pièce bureau...
20 ans plus tard, toujours grâce à sa ténacité,
il obtint de récupérer entièrement le sous-sol, la
voiture ayant trouvé domicile sous un
abri attenant à la maison et le bureau s’étant transformé
peu à
peu en atelier...
J’ai coutume de dire que quand on désire vraiment quelque chose
, quand on a autant de
suite dans les idées, quand on s’accroche
et qu’on ne change jamais de direction, on doit atteindre
son objectif, on l’a mérité...
Depuis 1971 j’ai vu la création d’un réseau sans cesse amélioré
à tout point de vue. J’ai vu
notre famille vivre autour de ce" cinquième
élément
": le réseau ,et je peux dire qu’il
a été une sorte
d’équilibre dans notre foyer. Il a même
été un élément déterminant pour la santé
de son créateur :
En 1990, pour cause d’hypertension il a été
contraint d’arrêter son travail. Que serait-il devenu sans
cette passion, somme toute assez paisible ?...Il
a passé encore plus de temps sur son oeuvre, il s’est
perfectionné, il a vécu pleinement
son rêve... Après avoir acquis toutes les connaissances qui
lui
faisaient défaut à ses débuts,
il a cherché à en faire profiter ses collègues amoureux
du rail, il a écrit
des articles dans Loco-Revue, la revue-
même qu’il ne parvenait pas à déchiffrer 35 ans plus
tôt.
Il a créé ce site et il est heureux
comme un gamin quand un internaute se manifeste par un e-mail...
Il est devenu la fierté de ses fils qui
ont eu la chance de pouvoir faire des études et qui apprécient
d’autant plus ce père autodidacte...
Et comme une passion a toujours une origine quelque part, je tenterai de
l’expliquer (que les
psychiatres me pardonnent!), par son enfance.
En effet, petit-fils et neveu de cheminots, il a vécu
cette atmosphère mystérieuse des
voyages, les accompagnant en gare de Brive, et habitant avec eux
dans une petite maison près de la ligne
Brive-Tulle. Je crois savoir qu’il rêvait de faire carrière
à la
SNCF, mais qu’il n’a pas été encouragé
dans cette voie par sa famille... La revanche est prise : il
préside toute une entreprise ferroviaire,
et comme il a déclaré à une télé qui
faisait un petit
reportage sur son “oeuvre” : Ici, moi je suis
Dieu le Père !...
|